Sa carrière:
Plongé dans son monde intérieur, seuls ses dons pour le dessin lui permettent de continuer des études. Il décroche ainsi en 1976 une bourse pour le California Institute of the Arts (Cal Arts), la pépinière des dessinateurs fondé par les studios Disney, qui en imposent les programmes. Ce moule convient évidemment à Tim Burton comme une crèche de Noël convient à une citrouille d'Halloween. Heureusement la rencontre avec d'autres décalés qui lui ressemblent, il lui permet de prendre conscience de sa vocation et de la possibilité d'en vivre. Le plus étrange reste que Tim Burton se fait engager par les studios Disney en 1979 : chacun est conscient du décalage stylistique criant entre l'artiste et le style de Mickey, mais la firme aux grandes oreilles, sait malgré tout détecter le talent. Le problème reste qu'elle ne sait pas quoi en faire quand il ne colle pas avec les standards de la maison. Tim Burton passe alors par une phase d'activité quasi autistique : d'un côté, aucun de ses dessins pour "Rox et Rouky" ou "Taram et le chaudron magique" n'est utilisé, de l'autre, il développe ses projets personnels, imagine "L'étrange Noël de Monsieur Jack" qui ne se concrétisera qu'une fois le succès venu. Globalement, Tim Burton garde un souvenir amer de cette période.
Il en reste que pendant son exile chez Disney, on lui octroie 60 000 dollars en 1982 pour réaliser "Vincent", émouvant hommage à son idole Vincent Price. Malgré tout, personne ne sait quoi faire de ce court métrage décalé. Alors Tim Burton enchaîne sur une adaptation asiatique du conte de Grimm "Hänsel et Gretel" pour Disney Channel, qui relève plutôt de la commande, et sur le fameux "Frankenweenie", hommage à la Hammer et à son mythe de Frankenstein. Il réalise dans la foulée une adaptation d'Aladdin et le Lampe Merveilleuse pour la série télévisée "Shelley Duvall's Faerie Tale Theatre" en 1984. Ces courts métrages, s'ils ne sont pas encore reconnus par ses pairs, permettent à Tim Burton de se faire remarquer par quelques décideurs. Il est abusif de dire que toute l'½uvre à venir est déjà en place, mais on est confondu rétrospectivement par l'homogénéité de la production, dès ces premières bobines.
En 1985, au grand soulagement de Disney qui ne savait plus où placer son phénomène, ce sont les studios Warner qui viennent chercher Tim Burton pour réaliser l'adaptation au cinéma de l'émission télévisée pour enfants Pee-Wee's playhouse, présentée par Pee-Wee Herman alias Paul Reubens. Cette aventure délirante d'un adulte resté enfant convient alors parfaitement à Tim Burton qui remplit avec plaisir son rôle d'illustrateur d'un conte décalé. "Pee-Wee Big Adventure" fait un carton inespéré, malgré une critique violemment partagée. Dans la même année, il réalise un remake pour la série des Alfred Hitchcock présente : The Jar, une commande qui le confirme dans sa difficulté à s'adapter à un sujet qui ne lui parle pas suffisamment.
Malgré certaines critiques désastreuses jalonnant sa courte carrière, ce sont ses résultats au box-office qui permettent à Tim Burton d'être en vue pour réaliser "Batman". Mais le projet n'est pas encore mûr et il refuse de nombreux scripts qui ne lui parlent pas. On finit par le décider avec un autre script OVNI dont personne ne savait quoi faire : "Beetlejuice". Le sujet a tout pour lui plaire et les contraintes du studio ne l'empêcheront pas de faire le film à sa manière. Le film sort en 1988 et c'est un nouveau succès public. Passionné par ce personnage hors norme qui lui ressemble, Tim Burton poursuit l'aventure en produisant une série de dessins animés inspirés par "Beetlejuice". Face au succès du film, la Warner ramène "Batman" face à Burton.
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